En amont de la Journée nationale des aidants du 6 octobre 2026, l’Institut 4.10 a participé, aux côtés de l’OCIRP, de l’ANDRH et de l’ORSE, à la présentation de la 6ème édition de l’Observatoire OCIRP Salariés Aidants avec les résultats de l’étude OCIRP/Viavoice(1) consacrée aux salariés aidants et au dialogue social.
Cette nouvelle édition met en lumière un paradoxe : alors que la situation des salariés aidants est de mieux en mieux connue des employeurs, leurs difficultés restent encore trop souvent invisibles dans les organisations. Entre charge mentale, répercussions sur la vie professionnelle et difficultés à exprimer leurs besoins, l’étude invite à dépasser la prise de conscience pour construire des réponses concrètes.
Une réalité qui traverse désormais toutes les générations
Accompagner un parent vieillissant, soutenir un conjoint malade ou aider un proche en situation de handicap : l’aidance recouvre des réalités multiples qui concernent des salariés à tous les moments de leur carrière.
Selon l’étude OCIRP/Viavoice 2026, 50 % des salariés du secteur privé déclarent être ou avoir été aidants. Plus révélateur encore, l’âge moyen du début de l’aide est désormais de 32 ans, contre 39 ans en 2021. Loin de concerner uniquement les fins de carrière, cette responsabilité peut donc accompagner une grande partie de la vie professionnelle.
Avec huit heures d’aide apportées chaque semaine en moyenne, soit l’équivalent d’une journée de travail supplémentaire, les salariés concernés doivent composer avec des responsabilités qui s’ajoutent à leurs obligations professionnelles et familiales.
Une situation d’autant plus délicate que l’aide peut s’intensifier avec le temps, sans qu’il soit toujours possible d’en anticiper la durée ou l’évolution.
Une charge mentale qui ne s’arrête pas aux portes du travail
L’un des enseignements les plus préoccupants de l’étude concerne les conséquences de l’aidance sur la santé mentale. Près d’un salarié aidant sur deux estime que son rôle le met en difficulté sur ce plan, contre un quart des salariés en général. Ils sont 68 % à avoir ressenti un épuisement mental au cours des douze derniers mois.
Car le rôle d’aidant ne se limite pas aux heures passées auprès du proche. Il s’accompagne d’inquiétudes permanentes, de démarches à organiser et de décisions à prendre. Ainsi, 99 % des salariés aidants continuent de s’inquiéter en dehors des temps consacrés à l’aide. Cette pression se prolonge dans l’activité professionnelle. Plus d’un salarié aidant sur deux évoque des situations de présentéisme : physiquement présent au travail, mais l’esprit accaparé par les préoccupations liées à son proche.
Ces résultats interrogent directement les politiques de prévention des risques psychosociaux, de qualité de vie au travail et de maintien dans l’emploi. Ils rappellent aussi que les difficultés professionnelles ne sont pas toujours visibles ni exprimées.
Des employeurs sensibilisés, mais des salariés qui restent silencieux
C’est probablement l’un des paradoxes les plus marquants de cette édition : la reconnaissance croissante du sujet ne signifie pas nécessairement que les salariés se sentent mieux accompagnés.
Si les directions RH et les managers considèrent majoritairement l’aidance comme un enjeu important, seuls 34 % des salariés aidants ont informé leur employeur de leur situation.
Pourquoi ce silence ? Pour beaucoup, l’aidance relève de la vie privée. D’autres redoutent d’être considérés comme moins disponibles, moins impliqués ou de compromettre leur évolution professionnelle.
L’étude révèle également un décalage significatif dans la perception des dispositifs existants. Seulement 23 % des salariés aidants estiment qu’une stratégie claire existe dans leur entreprise, contre 49 % des DRH et 54 % des managers. Autrement dit, les intentions des organisations et les dispositifs qu’elles pensent avoir mis en place ne correspondent pas toujours à ce que perçoivent les collaborateurs.
Comment, dans ces conditions, instaurer une véritable culture du dialogue ?
L’enjeu n’est pas d’inciter les salariés à dévoiler leur situation personnelle, mais de créer un environnement suffisamment bienveillant et sécurisant pour qu’ils puissent, s’ils le souhaitent, exprimer leurs besoins et solliciter un accompagnement.
Le dialogue social, un levier pour construire des réponses durables
L’étude 2026 accorde une place importante au regard des partenaires sociaux, dont les positions témoignent d’une volonté de faire progresser le sujet. Parmi les représentants interrogés, 78 % considèrent qu’il est plus coûteux pour l’entreprise de ne rien faire que d’agir. Ils sont également 96 % à juger la négociation collective efficace pour mieux protéger les salariés aidants.
Cette mobilisation traduit une évolution : l’accompagnement des aidants ne relève plus seulement de réponses individuelles ou ponctuelles. Il devient un véritable sujet de politique RH, de prévention et de dialogue social.
Pour les organismes de protection sociale, particulièrement attentifs aux enjeux de solidarité et de santé au travail, cette réflexion trouve une résonance particulière. Elle invite à articuler engagement social, conditions de travail et préservation des parcours professionnels.
Passer de la prise de conscience aux solutions concrètes
Les salariés aidants expriment des attentes très pragmatiques : disposer de davantage de temps, bénéficier d’une certaine souplesse dans l’organisation du travail et accéder plus facilement aux aides existantes.
Plusieurs réponses complémentaires se dégagent de l’étude : aménagement des horaires et de la charge de travail, plateformes d’information et d’orientation, dispositifs de prévoyance collective ou accompagnement personnalisé. Mais leur efficacité suppose aussi qu’ils soient connus, accessibles et portés par des interlocuteurs capables d’en faciliter l’utilisation.
Le rôle des équipes RH, des managers et des représentants du personnel est donc essentiel pour installer un dialogue de confiance et faire évoluer les pratiques quotidiennes.
Un résultat de l’étude est particulièrement encourageant : près de 60 % des salariés aidants qui n’ont pas souhaité informer leur employeur seraient prêts à le faire si un dispositif de soutien existait dans leur organisation.
La mise en place de réponses concrètes pourrait ainsi contribuer à lever une partie des réticences et à rendre l’accompagnement plus effectif.
Sensibiliser et former pour faire évoluer les pratiques
L’étude OCIRP/Viavoice souligne un large consensus autour de la sensibilisation et de la formation pour mieux prévenir les difficultés rencontrées par les salariés aidants.
Au-delà des dispositifs juridiques et organisationnels, c’est aussi la capacité des différents acteurs à comprendre ces situations, à instaurer un dialogue de confiance et à adapter leurs pratiques qui peut faire la différence. Faire évoluer les regards constitue ainsi une première étape pour construire des réponses collectives, durables et adaptées aux réalités de chaque organisation.
L’ACCOMPAGNEMENT DE L’INSTITUT 4.10
Salariés aidants : de la sensibilisation à l’action
L’Institut 4.10 proposent un accompagnement modulable pour aider les organisations à mieux comprendre les situations d’aidance et à faire évoluer leurs pratiques.
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📅 Déploiement en intra, adapté à votre organisation
Sensibiliser autrement, grâce à la réalité virtuelle
Une expérience immersive dans le quotidien d’une salariée aidante, suivie d’un débrief collectif pour susciter les échanges et engager la réflexion.
Former chaque acteur selon ses responsabilités
Des modules courts et adaptés aux besoins des différents publics :
- Directions et RH — Structurer une politique d’accompagnement.
- Managers — Repérer les difficultés et adapter ses pratiques.
- Salariés aidants — Connaître leurs droits et les ressources disponibles.
- Partenaires sociaux — Identifier les leviers du dialogue et de la négociation.
Vous souhaitez sensibiliser vos équipes ou construire un parcours adapté à votre organisme ?
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(1) Pour aller plus loin : consultez la Synthèse de l’étude OCIRP/Viavoice 2026 « Salariés aidants et dialogue social ». Retrouvez également les Chiffres clés de l’édition 2026.

