Accompagner la pratique de l’IA dans les métiers

Loin de la science-fiction, l’intelligence artificielle (IA) est aujourd’hui une réalité concrète qui s’intègre au cœur des entreprises. Pour les organisations les plus avancées, cette technologie n’est plus une simple curiosité, mais un véritable partenaire de travail. L’IA transforme également le service public en agissant comme un levier de performance qui permet de « faire mieux avec moins » tout en replaçant l’humain au centre des missions. Cette transformation n’est pas seulement technologique ; elle est politique, humaine et organisationnelle, redéfinissant le rôle des agents et la relation avec les usagers. 

L’IA est un projet politique et transversal 

La Stratégie Nationale pour l’Intelligence Artificielle (SNIA), lancée en 2018, constitue une politique publique majeure visant à positionner la France comme un leader de la révolution technologique de l’IA. Structurée en plusieurs phases successives, cette stratégie a évolué pour répondre aux transformations rapides du secteur, passant d’un focus initial sur la recherche à une ambition de diffusion économique. 

Dans son rapport de novembre 2025, la Cour des comptes propose une analyse objective et critique de la SNIA, en s’appuyant sur les évaluations et les constats, et formule plusieurs recommandations¹. Le bilan dressé par la Cour des comptes est celui d’une réussite indéniable mais partielle. La SNIA souffre d’un échec systémique majeur : son incapacité à exécuter efficacement la diffusion massive de l’IA dans l’économie. 

 

Visionner une synthèse du rapport de la Cour des comptes : 

Infographie – Stratégie IA de la France : Bilan et perspectives – crédits Institut 4.10 :

IA en france

La révolution de l’IA générative 

De manière générale, l’arrivée de l’IA soulève des questions, voire des craintes. L’intelligence artificielle transforme les missions et le contenu des métiers en facilitant la gestion quotidienne et en renforçant l’expertise métier. Pour les organisations, cela nécessite un fort accompagnement des salariés pour que l’IA devienne un outil puissant au service des fonctions, cherchant à les « augmenter » et à décupler leur impact, bien plus qu’à les remplacer. 

De son côté l’intelligence artificielle générative a bouleversé les codes traditionnels de l’innovation en entreprise. Portée par l’initiative des collaborateurs, à partir d’outils grand public, elle s’immisce dans les pratiques professionnelles individuelles (outils de productivité, assistants créatifs, automatisation de tâches…) avant de transformer les processus organisationnels. Cette adoption inédite par son ampleur, révèle une dynamique où l’agilité des équipes précède souvent les stratégies institutionnelles. 

La récente enquête de PwC France révèle que 65% des Directeurs des Ressources Humaines considèrent l’IA générative comme la technologie la plus prometteuse. 

Pour que l’intelligence artificielle générative devienne un véritable atout pour le service public, il est essentiel de former les agents qui l’utiliseront. L’objectif principal est de prévenir la structure contre les risques liés à une utilisation mal maîtrisée de l’IA. Une transition réussie est une transition bien préparée. 

 

L’Institut 4.10 a mis en lumière ce sujet dans la revue Espace social européen N°1292 –23 janvier 2026. 

Shadow IA : quand l’innovation éclot dans l’ombre… et force les entreprises à accélérer 

Le Shadow IA est né de l’appropriation informelle et non encadrée de l’IA générative par certains collaborateurs qui ont adopté en silence ces outils pour gagner en efficacité. Ce phénomène, à la fois massif et discret, émerge d’un décalage persistant entre les stratégies d’IA descendantes (« top-down »), qui peinent à s’industrialiser, et les besoins concrets du « travail réel ». Un défi pour les organisations, qui doivent désormais transformer cette énergie souterraine en levier stratégique. 

L’étude menée par Inria et Datacraft met en lumière le « Shadow AI »², et rappelle que les employés s’emparent de ces outils via des « pratiques bricolantes » pour améliorer leur efficacité, leur créativité et leur autonomie, répondant ainsi à des besoins immédiats que les outils officiels ignorent souvent. Cette dynamique ascendante expose les organisations à des risques critiques : failles de sécurité, non-conformité réglementaire, fuites de données et perte de souveraineté technologique. Pour les individus, elle génère un inconfort moral, un sentiment de culpabilité et fragilise les collectifs de travail. 

L’étude révèle que les organisations pionnières considèrent le Shadow AI comme une opportunité stratégique majeure. Il agit comme une « étude de marché interne » qui révèle des cas d’usage pertinents et accélère la prise de conscience stratégique au plus haut niveau. La réponse la plus efficace ne consiste pas à brider ces usages mais à les piloter. La trajectoire recommandée s’articule en trois temps : 

  • Piloter (rendre les usages visibles), 
  • Partager (socialiser les pratiques et savoir-faire),  
  • Sécuriser/Outiller (fournir des outils validés et un cadre de confiance co-construit). 

 

Infographie – Stratégie IA de la France : Le shadow AI : Risque ou opportunité stratégique ? – crédits Institut 4.10 :

shadow AI

Compétences : le facteur limitant 

Dans les organismes de Sécurité sociale, l’IA générative n’est plus un sujet “à venir”. Elle est déjà là, à bas bruit : pour réécrire un courrier, résumer une note, préparer un échange avec un usager, proposer un plan, ou gagner du temps sur une tâche répétitive. Le défi est désormais clair : passer de gains isolés à une amélioration maîtrisée, durable et partagée. 

Pour l’IA générative, le point de bascule n’est pas majoritairement technologique : il est humain. Le bon niveau n’est pas “tout le monde expert”, mais “tout le monde outillé”, avec des rôles clairs et des réflexes partagés. Un socle est utile pour tous : comprendre les limites, savoir vérifier, savoir protéger les données, savoir reformuler sans déformer… Ensuite, une approche par métiers est utile : accueil, gestion, contrôle, relation usager, fonctions support. 

Il est nécessaire de former et familiariser tous les agents avec ce que l’IA peut et ne peut pas faire. 

 

Pour vous accompagner dans le développement des compétences de vos salariés, nous avons développé différentes offres de formation et d’accompagnement. 

 

  • Accompagnement pour rester en veille sur les évolutions IA : 90 minutes pour faire le point avec nos Masterclass IA 
  • Des formations outils et des formations IA dans les métiers (finance, juridique, communication…), avec notre partenaire ORSYS Formation 
  • Des formations techniques pour les acteurs SI : Big Data, Machine Learning, Data Science… avec notre partenaire ORSYS Formation 

 

Le succès de cette transition IA ne dépendra pas de la performance des algorithmes, mais de notre capacité collective à investir dans les compétences humaines et à construire une vision partagée de l’usage de ces outils. La véritable question n’est pas de savoir si l’IA va changer les métiers, mais si les professionnels sauront piloter ce changement pour en devenir les architectes plutôt que les spectateurs. 

En ligne de mire : de nouveaux rôles et de nouvelles compétences. L’organisation évolue vers une hybridation des compétences. Les agents deviennent des médiateurs entre la donnée et le service rendu au public, tandis que les managers adoptent un rôle de pédagogues technologiques. 

 

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter. 

¹ Rapport Cour des comptes : La stratégie nationale pour l’intelligence artificielle / novembre 2025 

² L’intelligence artificielle au travail – Accompagner & sécuriser les initiatives collaborateurs / juillet 2025 / Inria – datacraft